22 août 2007

La campagne à Paris (sic)

La Campagne à Paris, c'est une petite butte porte de Bagnolet qui ressemble fort à la butte Bergeyre qui n'est pas représentée sur ce blog, il était temps de s'en apercevoir... mais j'y ai déjà hissé plusieurs d'entre vous : souvenez-vous, après une belle volée de marches digne des Stuttgarter Stäffele, on a une belle vue dégagée sur Montmartre et le Tout-Paris.


Même calme des rues pavées, même architecture, mêmes chats qui paressent sans se laisser déranger. Avec un petit côté anglais, je souscris à la remarque de Sophie, ces petits jardins entre portail et porte d'entrée, ces rosiers bien soignés qui parfument avec le chèvrefeuille les deux-trois rues concernées, même si le soleil n'était pas de la partie (un petit air anglais, on vous dit). En tout cas, les poubelles, elles, étaient de sortie.









Une autre campagne à Paris sur le site de l'INA dans un reportage de l'ORTF qui ne manque pas de lyrisme, sur "la face cachée du XIXe arr. qui fait rêver tous les provinciaux de Paris".

High on the chalk

Je scrute l'horizon, guettant un signe. Mer calme, ciel bleu limpide. Ca doit vouloir dire quelque chose.
Apparemment, des gens viennent ici pour se suicider. D'ailleurs, il y a un garçon sur le sentier qui se tient un peu trop près du bord, comme si telle était justement son intention. Il n'a pas bougé depuis que je me suis assise sur ce banc, et il ne porte qu'un tee-shirt et un jean. Il doit être gelé.
[...]
Au-dessous de moi, j'aperçois Etretat, sa grande plage incurvée, les pignons du château où j'ai passé la nuit. Je n'ai même pas trouvé le moyen de visiter la ville. C'est marrant, quand on est libre de faire tout ce qu'on veut, on finit par ne pas faire grand-chose. Quand le choix est infini, il n'y a pas de choix possible. J'aurais pu aller déguster une sole à la dieppoise et me laisser draguer par un serveur qui m'aurait offert des calvas ; en fait, je suis restée dans ma chambre à regarder un vieux film de Gene Hackman doublé en français.

Jonathan Coe,
Le Cercle fermé, Traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin, Gallimard, 2006.

De retour à Paris après deux jours d'escapade normande, direction la bibliothèque municipale. Et le hasard nous ménage toujours de drôles de surprises : j'ouvre le livre choisi à la maison et ça commence par une scène à Etretat.
Et voici quelques images.



Nous autres ne nous sentions sans doute pas aussi libres que ce personnage de Jonathan Coe qui rentre en Angleterre après des mois de liberté italienne, parce qu'on a finit par faire pas mal de choses, en tout cas on n'a pas regardé des vieux films en VF. Plantage de tente, belle balade sur les falaises jusqu'au phare d'Antifer (comme la zone du bulletin de météo marine) avec arrêt bain de mer pour les plus valeureux et berceuse revigorante des vagues qui déferlent puis se retirent sur les galets. Un peu perdus dans la lande en dominant la valleuse d'Antifer, sur les herbes à peine foulées d'un sentier, sensation de grands espaces, on respire à fond. De retour à Etretat, sur le perrey on observe les promeneurs, les surfeurs, les goélands.
On a bien tenté de déguster une sole à la dieppoise, mais on n'en a pas trouvé au menu, les serveurs étaient inexistants et les serveuses peu amènes. La nuit les falaises sont éclairées, c'est seulement bizarre, un petit côté carton-pâte.

Quasi seuls sur la falaise amont le lendemain sous la pluie où les vaches côtoient les à-pics. Les falaises et le roc Vaudieu se confondent avec la mer et le ciel dans un nuage de pluie. Le fossé romain ressemble plutôt à un talus et nous y écourtons la balade. On tente de se réchauffer et de se sécher dans un petit resto sans prétention. Retour avancé à Paris par bus et train alors que des coins de ciel bleu font à nouveau leur apparition.



Au bout de la bande de ciment, un escalier s'enfonce dans la nuit et à chaque pas j'y vois un peu moins. Sur la droite, retirée à plusieurs mètres des falaises, laissant à nu du sable sombre et des cailloux gris, la mer bat comme un muscle, remplit l'air et semble le monde entier. Je marche sur les traces de ma mère, comme elle dans le noir profond, mes poumons s'emplissent de vent et du parfum cru de l'eau.
Après Le Cercle fermé, une autre coïncidence (plus facile à élucider) à la lecture de Falaises d'Olivier Adam (Ed. de l'Olivier, 2005). Encore une histoire de suicide, décidément c'est gai Etretat, et un autre personnage qui ne quitte pas sa chambre d'hôtel. Moralité : vive le camping municipal !



Après le séjour paimpolais dans le souvenir des pêcheurs d'Islande, une enquête sur les Terre-Neuvas d'Etretat dans Thalassa.

15 août 2007

Chants de marins et sentier de douaniers

Arrivée à Paimpol pour profiter de la biennale du chant de marin, occasion de rêver devant de beaux voiliers et de fredonner des refrains (pour vous aider)


John Kalak Kalak a tou la hé,
Tou la hé ho tou la hé,
John Kalak Kalak a tou la hé.


C'est dans la cale qu'on met les rats
Houla Houla
C'est dans la cale qu'on met les rats
Houla Houlala
Paré à virer
Les gars faudrait haler
On s'reposera quand on arrivera
Dans le port de Tacoma

Pique la baleine
Joli baleinier
Pique la baleine
Je veux naviguer


Une certaine Frédérique au programme du dimanche

Et la surprise du chef, le Kevrenn S. Mark de Brest ! Bombarde, cornemuse et tambours pour, euh, enchanter nos oreilles, invités sur la grande scène par Dan Ar Braz.



La suite du programme des vacances : balades principalement (mais on sait aussi lézarder au soleil nous autres).

Perros-Hamon est sur le tracé du fameux GR34 !

Les habitués s'amuseront à repérer le QG sur cette vue de Ploubazlanec prise depuis la pointe de Guilben.
Les belles pierres de Kerroc'h


L'embouchure du Trieux

Loguivy-de-la-Mer


L'île de Bréhat depuis le continent

L'estuaire du Trieux depuis Bréhat

Le moulin à marée du Birlot

Cliquer ici pour en savoir plus sur le moulin (Archives INA)

Forte affluence en ce jour ensoleillé à Bréhat, des hordes de continentaux qui arpentent les étroites routes de l'île.


Quand on a de bons yeux on y trouve même un pêcheur en combinaison de plongée...


Quand l'heure du retour a sonné, direction la gare de Paimpol pour un voyage en TER extraordinaire. Certes, ce n'est pas le vapeur du Trieux, mais la micheline est tout aussi charmante et le paysage grandiose lorsqu'on remonte dans la vallée de l'aber pour rejoindre Guingamp.