22 juillet 2017

Retour au désert

Quelques années après les sensations fortes éprouvées en forêt de Marly, un samedi de juillet paraît inoffensif pour s'aventurer à nouveau du côté de Chambourcy. La ville a modifié les modalités de visite du Désert de Retz et on explore avec enchantement les vestiges d'un rêve extravagant de verdure et d'architecture surgi du XVIIIe siècle. Dans les pas de Marie-Antoinette, Thomas Jefferson, Izis, Colette et autres célébrités, on se laisse guider de fabrique en fabrique.
La tente tartare
Le théâtre découvert




Le temple au dieu Pan

Dans la Colonne détruite sans truites


La Colonne détruite
La glacière pyramide
Plus d'infos sur le site http://www.ledesertderetz.fr/

16 juillet 2017

De Seine en Loyre (J3)

Et donc, ça y était, la Loire était atteinte grâce à l'ingénierie séculaire des concepteurs et constructeurs de canaux. Restait à la longer un peu pour atteindre les environs de Gien. A Briare, comme un dimanche par mois en saison, se tenait un marché traditionnel agréable, et bizarre par cette nécessité de reconstruire l'ambiance d'un marché d'antan : le marchand de vin semblait se costumer en enfilant maladroitement sa blouse berrichonne comme sous l'effet d'un rappel à l'ordre, un petit ensemble faisait tourner les vielles dont la mélodie et la basse continue rappelait la monotonie entêtante des tours de roues de vélo le long des canaux.


Traversée par le soleil de dix heures, la Loire parut plus fiable que dans le flou crépusculaire. Mais les bancs de sable et les sables mouvants ne manquaient certainement pas de sournoiserie.
Pour couronner une belle côte rive gauche, la visite du château de Saint-Brisson-sur-Loire fit intervenir l'ancêtre Louis VI le Gros, les Courtenay, et finalement les Séguier, puis d'autres propriétaires privés, jusqu'à la cession à une association locale, et la reprise en 2016 par un entrepreneur touristique. Malaise latent des sensations anciennes qui affleurèrent, une madeleine en forme d'écailles de peinture, d'effilochée de rideaux, de piles de déguisements, de vieilles armoires, de fers dans la lingerie.

Petites routes de campagne ou de zone pavillonnaire jusqu'à Poilly (la dernière fois, c'était cette occasion-là !) sous le soleil cuisant et retrouvailles amicales où le temps parvint à suspendre son vol même à l'évocation de la fin des années 1990 et au spectacle du bébé grandissant à vue d’œil.

15 juillet 2017

De Seine en Loyre (J2)


A quelques kilomètres au sud de Cepoy se rencontrèrent le canal du Loing, le canal d'Orléans et le canal de Briare, à proximité d'une base de loisirs qui frémissait déjà du beau début de samedi ensoleillé. Le canal d'Orléans à moitié abandonné paraissait mystérieux, moins aménagé alors que plus direct pour rejoindre la préfecture. (Par ici, un peu de contexte sur le triangle d'eau.)




L'arrivée sur Montargis était bien industrieuse, avec un géant métallique en action, une sorte de pigeonnier rescapé servant de refuge à une buse, une entrée de ville qui ne se signalait guère au cycliste alors qu'on y commerçait furieusement dans rues étroites aux petites boutiques de centre-ville.

Le canal encerclait la ville, traversée d'autres cours d'eau qui donnaient autant d'occasions de ponts fleuris, de façade à colombages, de couvent converti en palais de justice au-dessus du liquide...

Un coup d'oeil en arrière à la sortie de la ville : surgit une jonction quasi-symétrique façon tache de Rorschach.

Puis ce fut le véritable lancement de cette journée entre Gâtinais et Puisaye, avec fin de balisage et d'aménagements, chemin herbeux peu propice à l'avalage de kilomètres mais conservant une certaine fraîcheur et un caractère sauvage inattendu dans le paysage purement artificiel du canal, aussi ancien soit-il.

Note spéciale pour le spot d'aviron paradisiaque à la sortie de Montargis et pour l'arrivée sur Montbouy et sa petite église.

Petite déception pour Châtillon-Coligny dont le nom promettait de revivre de grands moments historiques ; à croire que l'histoire avait réussi à bien fermer le clapet des Coligny. Tout de même des rues tranquilles où il devait faire bon être chat ou hirondelle.

Un bout de route pour voir Bruxelles de plus près avant de revoir les Bruxellois dimanche, et dévaler la colline depuis l'église de Rogny jusqu'au sept écluses.

Incroyable enchaînement titanesque échafaudé au début du XVIIe siècle pour finir abandonné pour des questions de temps d'attente et de gabarit.
Finalement le canal contournait l'obstacle de la colline, et devenait bizarrement de moins en moins aménagé pour relier deux highlights de l'amateur de canaux : les sept écluses et le pont-canal.



A Briare, les boulistes avaient rendez-vous au champ de foire. Et plus tard, la température ayant baissé à l'aide de toute la végétation des bords de Loire, de canal latéral, de levée, la promenade fut paradisiaque dans la lumière étonnante, le pont-canal d'autant plus mystérieux, un truc de surréalistes en goguette. On s'étonna des signes belges dans la région, mais le pont-canal parut bien tout droit sorti du pinceau de Magritte.


14 juillet 2017

De Seine en Loyre (J1)

Malgré l'éveil précoce, la peine prise à installer un nouvel équipement made in Germany emplissant de légitimité cyclotouristique et la perte d'une valve de chambre à air dans la terre battue des souterrains du boulevard RdL conduisirent à un départ tardif. Tels des oiseaux de malheur, les vols  groupés d'engins militaires défilaient dans l'axe ouest-est au-dessus de Vincennes et soulevaient le nez des passants et des familles, pour les fasciner, pour leur éviter d'allumer le poste sans Zitrone, pour instiller une pensée pour la tribune officielle ou les théâtres d'opérations.
Quelques coups de pédales jusqu'à la gare, un peu d'escalade pour grimper dans le train. In extremis deux jeunes couples transméditerranéens à l'affût d'un contrôleur zélé embarquèrent munis d'un barda pour camping à Bourron-Marlotte, découvrirent les miracles du dézonage de pass Navigo, hélèrent un contrôleur et l'embarquèrent pour un voyage entre deux stations en Seine-et-Marne le temps de soulager leur angoisse de Trittbrettfahrer en puissance. Une famille équipée d'un bouquet de fleurs et de jeunes enfants à envoyer en vacances chez les aïeux fit connaissance avec les toutous mignons et le terrain de jeu des escaliers du Transilien à deux étages.
Pour rattraper le temps perdu, on se résigna à oublier Moret-sur-Loing, Alfred Sisley et la fabrique de sucres d'orge ; le point de départ du vrai périple fut fixé à Nemours qui exhibait les photos témoignant de la crue de juin 2016, celle qui trempa les chausses du zouave du pont de l'Alma et fit tant de dégâts dans le Gâtinais. Sans s'attarder, la machine fut lancée dans la routine du pédalage en bordure de canal à l'ombre des platanes généralement. Le Loing ne l'était jamais vraiment mais se terrait derrière des bosquets infranchissables, des mares peuplées de nénuphars dans les bras morts ou les déversoirs.

Un crochet par Château-Landon, berceau des Plantagenêt, pour se pardonner la ristourne du matin et voir de quoi il retournait quand on quittait le paysage monocorde et verdoyant du canal. La sono était en test pour le bal vespéral ; les vestiges médiévaux émergeaient de la ville sur la crête. Aux étangs de Dordives aussi la fête s'annonçait mémorable puisque Johnny promettait d'y allumer le feu, Cloclo d'aller z'à Rio, et les canards de se secouer le bas des reins avec entrain.

Et puis, peu avant Cepoy, une halte idéale surgit : une terrasse peuplée de siroteurs à la coule où un Grand-Breton (tendance scottish ?) vous tendait la main sur le seuil, vous invitait à entrer et vous servait à boire au comptoir dans une pénombre de pub.

L'élégante AJ de Cepoy rappelait son histoire ; une courte balade permit de percer le mystère de la maison traditionnelle suédoise installée sur la base de loisirs : ce paisible village vit grandir Raoul Nordling, le consul suédois qui sauva Paris de la destruction ordonnée par Hitler en août 1944 - voir Paris brûle-t-il ? et Diplomatie.