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04 août 2015

Voie verte et blanche falaise

Forges-les-Eaux--Dieppe--Newhaven.
Après un aperçu du casino et de la petite station ferroviaire thermale, on file le long de la voie verte, ancienne voie de chemin de fer, abritée par des haies et asphaltée de frais. Parfois la haie s'interrompt et on jouit de belles vues sur la vallée et la campagne normande.

L'autoroute des vacances (c) CdL


La piste est ponctuée de passages à niveau et de maisons de garde-barrière fleuries et naindejardinisées. (c) IR

(c) IR


Arrêt à Neufchâtel pour quelques emplettes dans un centre-ville animé, dont un petit fromage parfumé qui s'impose.



Et on poursuit inlassablement pour cette étape de 55 km en ligne droite. Truie, brebis coursant une oie tenant de s'envoler, puis canards bouchant la route à Arques-la-Bataille, surplombés par des restes de forteresse et bordés de lacs ou ballastières. Le vent souffle de plus en plus, et nous atteignons Dieppe ! Tout l'équipage, et en particulier le local de l'étape, est trop fier d'avoir été à la mer en vélo !

(c) CdL


Dieppe, son port animé, sa plage de galets battus par de belles vagues, puis le terminal de ferry fildeferbarbelé. Comme dirait Clarisse, quelle chance de traverser la Manche librement... Joli départ de Dieppe avec cette bande blanche de falaises crayeuses.

(c) IR


(c) IR


 

03 août 2015

Journée sportive dans la boutonnière de Bray

Vesly--Forges-les-Eaux

(c) CdL

Départ tranquille pour Gisors, sa forteresse médiévale, ses rues commerçantes et son marché du lundi, puis sa gare : ça y est, l'équipe est au complet ! Avec ceinture lombaire pour soutenir le courage épatant de notre grande malade.
(c) CdL

Petite route de campagne en surplomb d'une rivière et au bout, grosse côte, bien longue et régulière, pour nous donner un avant-goût de cette journée dans les collines du pays de Bray. Des champs, des vaches, des ânes, le bocage, des maisons en brique. On a changé de pays, après les belles pierres du Vexin français : la brique et le silex, les coquettes longères fleuries.
Après une fantastique descente qui affole les compteurs et offre un panorama fantastique, déjeuner à saint-Germer-de-Fly en face de l'abbatiale et de la sainte Chapelle.






On se rafraîchit sous le porche de l'église de Cuy-saint-Fiacre. Comme on le sait, le dress-code est très strict quand on sort au Royaume-Uni, nous nous y préparons.



Gournay-en-Bray nous laisse de marbre toute de reconstruction années 1950, Forges-les-eaux n'a pas le charme vanté, mais nous n'avons pas encore vu son casino et sa gare thermale (?) et l'épuisement nous rend sévères. La San Pe' coule à flots pour se remettre des hauts et bas de cette journée sportive dans la boutonnière de Bray écrasée de soleil aoûtien ; pensées pour oncle Charles et son Peugeot, qui m'avait bien avertie !

10 août 2012

St Malo-Granville

Retour vers Granville avec le petit triangle du mont Saint-Michel au beau milieu de sa baie pendant une bonne partie du voyage. On passe près de Chausey à nouveau. On finit au moteur et les méduses semblent se multiplier et grossir à mesure qu'on approche du port - gare à la chute. Grand nettoyage à l'eau douce et adieux par 28 °C.
Pour finir, le trajet à vol de mouette, de goéland, de cormoran ou de fou de bassan, omission faite du vent :

View Anglos in a larger map


Et une petite liste de vocabulaire pour tester vos connaissances : abattre, affaler, annexe, aussière, babord, balancine, barrer, bôme, bon plein, border, bout, choquer, descente, drisse, écoute, empanner, équipet, fasseyer, génois, gîter, grand voile, halebas, hauban, hisser, loffer, lover, pataras, pare-battage, près, ris, roulis, safran, spinnaker, surpatter, tangage, tangon, taud, travers, tribord, virer de bord, winch...

09 août 2012

St Helier (Jersey)-St Malo

On quitte Jersey sans assister à sa mystérieuse Battle of flowers pour regagner la France, en l’occurrence la cité malouine. Passage par les Minquiers et navigation au spi - la grande classe maritime.
Forte activité nautique aux abords de Saint-Malo ; la fortification de chaque îlot est frappante quand on arrive par la mer. Conditions de visite très exotiques : grand ciel bleu sans nuage, plage bondée, mer relativement chaude. Balade sur les remparts au soleil couchant ; les casse-cou sont encore occupés à plonger dans la piscine de mer à 21 heures.
(c) Ad

08 août 2012

Sark-St Helier (Jersey)

Traversée vers Saint-Helier, avec un beau lever de soleil pour éclairer les falaises de Sark. Quand on n'est pas à la manœuvre ou à la barre, sur le pont on rêve en scrutant l'horizon, on lit, on joue, on cause. Grand beau temps pour observer la côte, ses tours Martello et ses vestiges allemands datant de la 2e Guerre Mondiale, ses plages, et pour terminer au moteur. Au port, l'ambiance est au yacht et la sécurité paraît renforcée. La ville grouille d'activité, et pas seulement touristique, sous un soleil franc et chaud. On recherche même la fraîcheur d'un parc avant de passer la soirée au port. 
Description de Victor Hugo, dans Les Travailleurs de la mer, pour avoir une idée de sur quoi porte le regard lorsque la terre est en vue :
Dans l'archipel de la Manche, la côte est presque partout sauvage. Ces îles sont de riants intérieurs, d'un abord âpre et bourru. La Manche étant une quasi- Méditerranée, la vague est courte et violente, le flot est un clapotement. De là un bizarre martèlement des falaises, et l'affouillement profond de la côte. Qui longe cette côte passe par une série de mirages. A chaque instant le rocher essaie de vous faire sa dupe. Où les illusions vont-elles se nicher ? Dans le granit. Rien de plus étrange. D'énormes crapauds de pierre sont là, sortis de l'eau sans doute pour respirer ; des nonnes géantes se hâtent, penchées sur l'horizon ; les plis pétrifiés de leur voile ont la forme de la fuite du vent ; des rois à couronnes plutoniennes méditent sur de massifs trônes à qui l'écume n'est pas épargnée ; des êtres quelconques enfouis dans la roche dressent leurs bras dehors ; on voit les doigts des mains ouvertes. Tout cela c'est la côte informe. Approchez, il n'y a plus rien. La pierre a de ces évanouissements. Voici une forteresse, voici un temple fruste, voici un chaos de masures et de murs démantelés, tout l'arrachement d'une ville déserte. Il n'existe ni ville, ni temple, ni forteresse ; c'est la falaise. A mesure qu'on s'avance ou qu'on s'éloigne ou qu'on dérive ou qu'on tourne, la rive se défait ; pas de kaléidoscope plus prompt à l'écroulement ; les aspects se désagrègent pour se recomposer ; la perspective fait des siennes. Ce bloc est un trépied, puis c'est un lion, puis c'est un ange et il ouvre les ailes ; puis c'est une figure assise qui lit dans un livre. Rien ne change de forme comme les nuages, si ce n'est les rochers.

Une partie de l'équipage (c) Ad

07 août 2012

St Peter Port (Guernsey)-Sark

Déambulation dans les rues et ruelles de Saint-Peter-Port : rues commerçantes animées, petites boutiques anciennes près des grandes halles, escaliers qui grimpent à la grecque avec vues sur le port et les îles voisines. Des banques et des succursales de grands cabinets de conseil...
On reprend la mer l'après-midi pour rejoindre Sark et ses falaises. Mouillage à la Grève de la Ville (en sercquien dans le texte). Après une petite traversée en annexe et une rapide ascension à flanc de falaise, on entre dans un monde hésitant entre Alice au pays des merveilles et les dessins de Beatrix Potter. Jusqu'à récemment, Sark était le dernier régime féodal d'Europe. On a effectivement l'impression de faire un voyage dans le temps. Routes en terre qui ne voient défiler que cyclistes, voitures à cheval et tracteurs, banques dans de charmants cottages avec grand jardin fleuri, une fillette vend des glaces à un coin de rue en s'exerçant au français, des employés en costume de ville empruntent les petits chemins de campagne herbeux sous l’œil bienveillant des moutons. A la Coupée, le chaos de la falaise redonne du mordant à l'île ; une grande plage de sable en contrebas, au loin Guernsey d'un côté, Jersey de l'autre : on en prend plein la vue.
(c) Ad

06 août 2012

Bouley Bay (Jersey)-St Peter Port (Guernsey)

Traversée Jersey-Guernsey au près, la navigation est impressionnante mais malheureusement peu efficace car le courant est contre nous. Très à propos plusieurs dauphins viennent nous épater et remonter le moral un peu avant de passer l'île de Sark. Au bout de 8 heures, on s'amarre à Saint-Peter-Port où le soleil brille. Une terrasse accueillante pour des sandwiches réconfortants, douche et fish & chips au pub.
D'après Victor Hugo, dans Les Travailleurs de la mer :
D'une île à l'autre, on fraternise ; on se raille aussi, doucement. [...] Ces insulaires, étant une famille de mer, ont parfois de l'amertume, jamais d'aigreur ; qui leur prête des grossièretés, les méconnaît. Nous n'ajoutons aucune foi au prétendu dialogue proverbial entre Jersey et Guernesey : « Vous êtes des ânes. » Réplique : « Vous êtes des crapauds. » C'est là une salutation dont l'archipel normand est incapable.

Ce n'est pas ce que laisse conclure le jugement du barman de Saint-Peter-Port sur Jersey. Pourtant il n'a pas prononcé le mot "crapaud", seulement "crap"...
(c) Ad

05 août 2012

Chausey-Bouley Bay (Jersey)

Soleil du petit matin et marée haute - on file vers le nord en naviguant quelques mètres au-dessus des rochers et des plages admirés la veille à marée basse. Après avoir longé la côte est de Jersey sous un franc soleil, on atteint Bouley Bay, son cliffpath bordé de bruyère et de genêts, et son pub. On passe à l'heure anglo-normande. Roulis de nuit légendaire dans ce mouillage pourtant plutôt abrité...
(c) Ad

04 août 2012

Granville-Chausey

ça commence par la découverte du mode de vie au port, un peu camping mais avec un code vestimentaire strict : bleu marin de rigueur à Granville. On prend ses repères, on essaie d'assimiler les principes et le vocabulaire, de se rassurer, et déjà on arrive au mouillage dans le Sound des îles Chausey, si différentes à marées basse et haute. Fantastique spectacle auquel se mêlent le soleil du soir et les arcs-en-ciel. En attendant, on s'embarque à bord de l'annexe pour grimper à l'assaut de l'île principale après avoir traversé une plage de sable dans lequel on s'enfonce plus ou moins irrémédiablement. Grand beau temps sur l'île, pistes, charmantes maisons et roses trémières, un fort habité dans l'esprit bohème, une kyrielle de pêcheurs à pied armés d'épuisettes.

(c) Ad pour les photos suivantes



Se rassurer ? Mais pourquoi donc ? Peut-être à cause de ça :
et ça :
 Heureusement, on est entre de bonnes mains ; Sieur Clubin n'est pas de la partie.

03 août 2012

A l'abordage

- Cocculine
- Veste et pantalon de pluie
- Bob, lunettes de soleil et crème solaire
- Hémoclar
- Duvet
- Frontale
- Bottes en caoutchouc
- Polaire
- Chaussures de pont
- Maillot de bain
- ...
Parée ?
En route pour l'aventure, qui commence à la gare Montparnasse 3-Vaugirard, de longs couloirs déserts, des tapis roulants mous, et au bout quelques quais et trois TER mis bout à bout pour atteindre Granville.
Thor est à quai et l'équipage désormais au complet pour une semaine d'initiation et de découverte des îles de la Manche.
Qui est Thor ? Un Gib'Sea 114, de 11,4 m de long, 3,50 m de large et 2 m de tirant d'eau. Avec ses trois cabines et son carré, il peut loger jusqu'à 10 personnes. Notre crew se compose de 7 loups de mer.

21 juillet 2012

16 janvier 2010

Les merveilleux nuages

L’étranger

Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m'est restée jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

Ch. Baudelaire, Le Spleen de Paris.





Une exposition qui vous emporte loin dans la rêverie, une ville entre rayon de soleil couchant et ciel bas hivernal

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Une guide passionnante qui nous invite chez Auguste Perret, dans un appartement-témoin aménagé dans le style reconstruction... le grand air du large... des parigots en goguette

31 mai 2009

Sail away to the beaches of Normandie



ça commence par une belle balade dans les hauteurs et la campagne de Trouville
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et puis on croise Proust
Tout d’un coup dans le petit chemin creux, je m’arrêtai touché au coeur par un doux souvenir d’enfance, je venais de reconnaître aux feuilles découpées et brillantes qui s’avançaient sur le seuil, un buisson d’aubépines défleuries, hélas, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosphère d’anciens mois de Marie, d’après-midi du dimanche, de croyances, d’erreurs oubliées. J’aurais voulu la saisir. Je m’arrêtai une seconde et Andrée, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l’arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l’aubépine pareilles à des gaies jeunes filles étourdies, coquettes et pieuses.
M. Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

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Au loin l'industrieux Havre
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Ici tout n'est que luxe, calme et volupté
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Un petit bain revigorant à 14°C

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Et un retour épique en train, plus encore que l'aller. Nous n'étions pas seules à avoir l'idée d'un A-R pour ce dernier dimanche de mai... à part la SNCF, tout Paris y avait pensé !

07 juillet 2008

De la houle au Nebraska

La dernière virée dans le Calvados commençait à dater un peu... pour cette fois je pousse un peu plus loin que Trouville-Deauville en grimpant dans le TER en direction de Cabourg, arrêt Houlgate. Beau temps sur la côte qui fait oublier les grosses gouttes de la matinée à la Villette et incite à la balade en bord de mer.
Introduction au thème du jour suivant avec une partie de Risk, une première pour l'ensemble des joueurs, général compris.
En route vers l'ouest, avec une première étape au Pegasus Bridge où eurent lieu les premières opérations du D-Day, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. D'est en ouest, on longe les plages surnommées Sword, Juno, Gold pour les anglo-canadiennes, puis Omaha l'américaine - impasse sur Utah. Plongée dans un temps tellement étranger, le temps de la guerre, que toutes les images semblent tirées d'un film, une histoire tant et tant racontée qu'elle semble fiction alimentée et enjolivée par les anecdotes à peine croyables (le pigeon voyageur qui annonce en Angleterre la réussite de l'opération menée par la 6e Airborne Division, les mannequins parachutés, la dérision de l'opération d'intox Fortitude), les héros sublimes, les accessoires sous verre... Puis cette armée de croix blanches bien alignées sur le gazon tendre bien taillé, la mer à l'horizon bordée d'une longiligne bande de sable blond, la perfection des perspectives et des aires de couleurs, les allées qui mènent au recueillement. Et la révolte, le refus d'accepter l'idée que des gamins soient venus du bout du monde pour mourir ici ?
La visite de ces lieux permet toutefois de bien comprendre les enjeux liés au terrain : la plage, les falaises, le bocage. Les villages qu´on traverse ressemblent aussi à toutes ces images qu´on a vu défiler, le sentiment de réalité ressurgit.

22 août 2007

High on the chalk

Je scrute l'horizon, guettant un signe. Mer calme, ciel bleu limpide. Ca doit vouloir dire quelque chose.
Apparemment, des gens viennent ici pour se suicider. D'ailleurs, il y a un garçon sur le sentier qui se tient un peu trop près du bord, comme si telle était justement son intention. Il n'a pas bougé depuis que je me suis assise sur ce banc, et il ne porte qu'un tee-shirt et un jean. Il doit être gelé.
[...]
Au-dessous de moi, j'aperçois Etretat, sa grande plage incurvée, les pignons du château où j'ai passé la nuit. Je n'ai même pas trouvé le moyen de visiter la ville. C'est marrant, quand on est libre de faire tout ce qu'on veut, on finit par ne pas faire grand-chose. Quand le choix est infini, il n'y a pas de choix possible. J'aurais pu aller déguster une sole à la dieppoise et me laisser draguer par un serveur qui m'aurait offert des calvas ; en fait, je suis restée dans ma chambre à regarder un vieux film de Gene Hackman doublé en français.

Jonathan Coe,
Le Cercle fermé, Traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin, Gallimard, 2006.

De retour à Paris après deux jours d'escapade normande, direction la bibliothèque municipale. Et le hasard nous ménage toujours de drôles de surprises : j'ouvre le livre choisi à la maison et ça commence par une scène à Etretat.
Et voici quelques images.



Nous autres ne nous sentions sans doute pas aussi libres que ce personnage de Jonathan Coe qui rentre en Angleterre après des mois de liberté italienne, parce qu'on a finit par faire pas mal de choses, en tout cas on n'a pas regardé des vieux films en VF. Plantage de tente, belle balade sur les falaises jusqu'au phare d'Antifer (comme la zone du bulletin de météo marine) avec arrêt bain de mer pour les plus valeureux et berceuse revigorante des vagues qui déferlent puis se retirent sur les galets. Un peu perdus dans la lande en dominant la valleuse d'Antifer, sur les herbes à peine foulées d'un sentier, sensation de grands espaces, on respire à fond. De retour à Etretat, sur le perrey on observe les promeneurs, les surfeurs, les goélands.
On a bien tenté de déguster une sole à la dieppoise, mais on n'en a pas trouvé au menu, les serveurs étaient inexistants et les serveuses peu amènes. La nuit les falaises sont éclairées, c'est seulement bizarre, un petit côté carton-pâte.

Quasi seuls sur la falaise amont le lendemain sous la pluie où les vaches côtoient les à-pics. Les falaises et le roc Vaudieu se confondent avec la mer et le ciel dans un nuage de pluie. Le fossé romain ressemble plutôt à un talus et nous y écourtons la balade. On tente de se réchauffer et de se sécher dans un petit resto sans prétention. Retour avancé à Paris par bus et train alors que des coins de ciel bleu font à nouveau leur apparition.



Au bout de la bande de ciment, un escalier s'enfonce dans la nuit et à chaque pas j'y vois un peu moins. Sur la droite, retirée à plusieurs mètres des falaises, laissant à nu du sable sombre et des cailloux gris, la mer bat comme un muscle, remplit l'air et semble le monde entier. Je marche sur les traces de ma mère, comme elle dans le noir profond, mes poumons s'emplissent de vent et du parfum cru de l'eau.
Après Le Cercle fermé, une autre coïncidence (plus facile à élucider) à la lecture de Falaises d'Olivier Adam (Ed. de l'Olivier, 2005). Encore une histoire de suicide, décidément c'est gai Etretat, et un autre personnage qui ne quitte pas sa chambre d'hôtel. Moralité : vive le camping municipal !



Après le séjour paimpolais dans le souvenir des pêcheurs d'Islande, une enquête sur les Terre-Neuvas d'Etretat dans Thalassa.