La journée commence par les échelles d'écluses de Pouillenay et Marigny, soit 36 écluses sur 12 km.
Après les échelles d'écluses, le canal devient extrêmement calme. Les
nuages ont fait leur apparition et l'ambiance devient orageuse.
D'ailleurs les hirondelles volent très bas, jusqu'à frôler l'eau du
canal. La poussière des machines agricoles et des roulements de tonnerre
accompagnent les gouttes de pluie. Le chemin de halage est par
endroits bordés de pins et le paysage change, les collines sont plus
présentes. Entre Pont-Royal et Saint-Thibault, le canal se trouve au
fond d'une tranchée.
L'autoroute se rapproche en bruit de fond, mais 15 km/h me conviennent toujours mieux. Entre le canal et l'autoroute, le château d'Eguilly :

A Pouilly-en-Auxois, le canal s'enfonce, bordé de platanes, et disparaît dans un long tunnel de plus de 3 km de long qui permet de constituer le bief de partage au point culminant du canal : cette surface plate de 6 km permet de distribuer l'eau vers les biefs inférieurs et de faire face aux prélèvements d'eau des 113 écluses vers l'Yonne et des 76 écluses vers la Saône. L'absence de chemin de halage à l'intérieur du tunnel obligeait les mariniers à le franchir "à la main" dans un premier temps (en poussant le bateau avec une perche ou en se halant à l'aide d'une chaîne fixée le long du mur) ; cela prenait 8 heures pour une seule péniche. En 1867 entra en service un bateau à vapeur capable de tracter un "train" de péniches ; départ toutes les six heures dans un sens, puis dans l'autre. A la fin du XIXe s., le système fut électrifié. Aujourd'hui, les péniches se servent de leur moteur, comme tout du long du canal (avec le bruit et l'odeur qui vont avec).
La véloroute est bordée de platanes en surface, quelques puits d'aération surgissent au fil du chemin.
Pause au port de Vandenesse, d'où je peux surveiller l'éperon rocheux de Châteauneuf (475 m d'altitude) et évaluer ce qui m'attend. Une famille de quatre rejoint le spot - le plus jeune doit avoir 10 ans et une bonne sacoche au niveau du guidon. Je prends mon courage à deux mains pour affronter la citadelle, mais c'est l'échec ! Le poids des sacoches gagne face à la force (enfin, la faiblesse) de mes mollets, et l'ascension se fait à pied.
Le château constitue l'un des derniers châteaux-forts, alors que Jacques Cœur importe le
palazzo florentin à Bourges dans ma lecture en cours, le roman de Jean-Christophe Rufin. Vieilles pierres dans le village, et fleurs pour les touches de couleur.
Au-dessus du village, un chemin dans le sous-bois mène à la chapelle de Notre-Dame-du-Chêne. Sa construction est due à la découverte par des bûcherons d'une statue de la vierge dans le tronc d'un chêne. Volée à plusieurs reprises, la statue regagnait mystérieusement sa place au détriment du voleur. Jusqu'au jour de 1974 où elle a bien disparu de l'église de Châteauneuf - elle est remplacée par une copie.
A l'Hostellerie du château, vue sur ledit château, son jardin médiéval, et délicieux dîner pour ma dernière étape.
29 °C - 45 km