31 août 2010

L'aurore

Lever avant l’aube pour voir le soleil se lever et le paysage changer de couleurs à vitesse grand V. Les yourtes se réveillent dans un paysage tout rose : de la fumée commence à s’échapper de l’une d’elles. Même les usines proches ont belle allure à ce moment de la journée, trace humaine dans un espace infini.



Comme au premier jour, Chinbaa le citadin breakdancer revêt son deel et ses bottes à bout retourné.
Retour à UB - le minibus coréen bourré à craquer trimballe des valises de nostalgie.
Parenthèse à UB : déjeuner à la French Bakery, installation au Kempinsky Hotel Khan Palace, grand luxe après et avant la ger. Lit douillet, eau chaude, douche, baignoire, chasse d'eau et miroir.
Dans l'avion qui l'emmenait en Mongolie, Hiroto a rencontré une étudiante mongole qui s'est proposée de lui montrer sa ville. Ce soir elle nous emmène dîner dans un restaurant à la cuisine mongole et internationale pour un spectacle de musique traditionnelle avec viole à tête de cheval et chant diphonique qui semble venir du cœur des pierres de la steppe.
Premiers adieux sur le parking du restaurant où errent des enfants.
Découvrez la playlist mongolie avec Various

30 août 2010

Opération démontage de yourte

Depuis le retour d'excursion ça sent un peu la fin. Les enfants sont partis, la vie à la dure commence à peser, l'ennui perce, une bonne partie des vaillants volontaires est HS : extinction de voie, dysenterie, fièvre.
Les plus costauds sont réquisitionnés pour transporter des sacs de sable, les autres arpentent le terrain pour nettoyer le campement et arroser les jeunes arbres.
L’après-midi on s'attaque au démontage de deux gers, qui se fait en un rien de temps. Nous découvrons le secret de notre abri de ces deux dernières semaines : deux poteaux, un cercle de bois, plusieurs dizaines de perches qui le relient à une treille repliable, une bonne épaisseur de feutre, et de la toile blanche pour emballer le tout, plus quelques nœuds, de gros tendeurs, et deux grosses pierres pour empêcher ce fragile assemblage de s'envoler. Mine de rien c'est assez émouvant de démonter ce système, hybride de Meccano et Kapla, et de s’y mettre tous ensemble.
Pendant tout notre séjour ici un mur d'enceinte en parpaings a été élevé autour du campement. Vient maintenant le moment de peindre le portail. Tellement étranger et violent cette muraille brute de béton dans le vaste paysage environnant... bien contente d’avoir connu cette ferme sans sa clôture.
Balade vers le plus proche haut sommet où le vent souffle et les plis de terrain ondoient en vallées. Quand on redescend, nos yourtes manquent au tableau.
Soirée un peu arrosée pour fêter ou oublier la fin de l'aventure, avec musique et air guitar, Jungle speed (peu compatible avec la vodka Chinggis Khan) et bons délires avec Baatar.
La nuit sera à la belle étoile pour les plus courageux ou les plus poètes.

29 août 2010

Chasse au trésor

Encore une matinée de récolte, cette fois au champ de patates. Pas évident de comprendre et d'adhérer à l'organisation du travail pour laquelle les enfants ont opté, puis ça se fluidifie, chacun trouve sa place.
L’après-midi a lieu la fameuse chasse au trésor que nous concoctons depuis la veille pour les enfants. Leur enthousiasme est communicatif, amusement à l'état pur. Même les chiens se jetteront à l'assaut du béret dans une salade sur le terrain de foot. La palme revient tout de même au Air guitar contest où les garçons mongols se transforment en showmen sur le tube des Wonder Girls coréennes Nobody et les volontaires franco-coréens en rockers tendance heavy sur Highway to Hell.
À chaque étape, l'équipe gagnante doit collecter un objet pour accéder au trésor final. Le plus motivant sera bien sûr les deux sauterelles à rapporter vivantes.
En fin d'après-midi les enfants quittent la ferme en mini-bus dans la lumière du soir ; après un été à Buhug River, ils retournent à UB. Une belle gang de vitalité, un peu filous, un brin moqueurs, à fond dans tous les jeux, les filles bien coquettes, les garçons bien bagarreurs, et vice versa. Depuis quelques jours Chinbaa le clown n'en mène pas large ; ce départ est émouvant après deux semaines partagées avec ces jeunes, mais alors après tout un été...

28 août 2010

La récolte

Sale temps sur Buhug River : vent et pluie, baisse des températures car le soleil est masqué.
Après ces journées de désherbage, nous pouvons enfin nous attaquer à récolter quelques parcelles : carottes et choux à transporter dans de grands sacs de riz en plastique bourrés à craquer. Les enfants paraissent dix fois plus forts que chacun de nous.
Après-midi plus venteux que pluvieux mais en attendant une franche accalmie chacun vaque à ses occupations. L'ennui commence à pointer le bout de son nez. On se lance même dans un puzzle Around the World Heritage with Mickey - thématique internationale omniprésente !
Puis Chinbaa prend les commandes pour la préparation de notre contribution au dîner commun avec les enfants : hot-dogs ! Eux auront élaboré une soupe et du pain. Ici les repas sont souvent expédiés, l'échange est sympathique mais trop bref. Garçons et filles se mélangent toujours peu, et les volontaires ne sont pas épargnés par les noms d'oiseaux qui fusent de ces visages railleurs. Plus exactement le teasing est essentiellement à base de norol (chien) et de titchini salmatchek (stupide singe). Parfois une caresse dans le dos, un geste doux vient vous surprendre : ces mômes là se gardent bien de montrer trop ouvertement qu'ils sont capables de tendresse.
Après le dîner, la discussion sur les activités du dimanche après-midi est dominée par les initiatives « occidentales » : on est super relou ou motivés ou extravertis ou frais malgré l'heure tardive et la fièvre ou quoi ?
L'ambiance est à l'ouverture d'esprit, mais sans angélisme : nous ne manquons pas de noter les différences culturelles entre occident et extrême-orient. Ce voyage en Asie est aussi l'occasion de prendre la mesure du rayonnement culturel de la Corée sur ses voisins. Insoupçonnée chez nous, assomés que nous sommes de discours sur l'hégémonisme américain et l'exception culturelle française, l'exportation de produits culturels coréens est très présente en Mongolie et au Japon (et dans toute l'Asie semble-t-il) : chansons pop de fades girls- et boys-band, séries tv à la sauce drama, films à l'eau de rose forment un ensemble de références partagées par ces jeunes asiatiques qui permet par exemple de surmonter le vieil antagonisme nippo-coréen. Bon, Shakira et ses Waka waka ont quand même la cote, faut pas exagérer.
Et puisqu'il est question de frères ennemis... les Mongols ne portent pas encore la Chine dans leur coeur, à l'instar de Chinbaa, jeune homme de 21 ans, qui, sans pouvoir expliquer pourquoi, avoue ne pas supporter entendre parler chinois, lui qui a étudié en Inde, voyagé dans tout l'Himalaya et fréquenté pendant tout l'été des volontaires internationaux.

27 août 2010

Friendship bracelets

L'ardeur du soleil diversifie nos tâches : arrosage des jeunes arbres du campement, nettoyage des canaux d’irrigation des champs.
Et puis on aide un peu à la construction du mur qui va clôturer le campement en chargeant et déchargeant les parpaings façonnés par les ouvriers, un univers parallèle que nous explorons guère. Il y a chantier et chantier... tous nos efforts tournés vers le tissage de liens avec les enfants et les volontaires, on en néglige un peu les adultes qui nous entoure. Quelques mots échangés autour d'une illusoire baignoire ou bien à l'aube de notre départ.
L'après-midi, rituel tissage de bracelets brésiliens avec les enfants, très habiles mais peu pédagogues. À force de patience, on parvient à reproduire le modèle. Les plus populaires se verront offrir des bracelets à leur nom. Certains enchaînent avec l'origami. Avouez que c'est joli de créer un symbole de paix du bout des doigts dans cette atmosphère multikulti. C'est à cela aussi (surtout) que sert le volontariat international.
Balade dans la belle lumière du soir avec Aida et Victoria. La pause au sommet est fascinante, une sorte de brouillard monte, s’élève dans les vallées, on aperçoit à peine notre ferme. Paisible.

26 août 2010

Il fait trop chaud pour travailler

Au petit matin, en bas dans la rue d'UB, un homme distribue du lait aux personnes qui dessinent une petite file devant son bidon en fer blanc.
Au milieu des immeubles d'habitation, de petits squares sont aménagés de façon colorée avec toboggans, balançoires, mais aussi des body boomers pour faire son fitness à côté du terrain de basket.
Rapide retour matinal au workcamp. Un peu de travail aux champs dans la matinée, mais la chaleur augmente, si bien qu’on patiente vainement pour aller travailler. Certains arrosent les arbres pendant que les autres sont dans l’expectative. Finalement un petit basket au soleil couchant pour s’activer un brin. Le duo du géant français et du petit poucet mongol est d’une efficacité redoutable.

25 août 2010

Rallye de Mongolie

Matinée tranquille : un vrai dimanche matin... en attendant que le chauffeur se remette de la nuit arrosée dans la steppe.
Retour vers UB dans un minibus coréen ensommeillé. L'excursion sous le soleil de Kharakorum a pris des airs de vacances et nous a donné le goût du farniente. Johnny Cash est idéal pour accompagner les heures de route dans ces paysages de cowboys.
Halte dans un restoroute où nous ont précédés six jeunes participants du Rallye de Mongolie, british et italiens. Pour 2011 les inscriptions se font par ici : http://mongolrally.theadventurists.com/ L'idée est de relier Londres à Oulan-Bator en voiture sans assistance, et au passage de collecter des fonds pour des associations caritatives comme l'association Christina Noble.
Des femmes vendent des produits frais conservés dans des cartons.
Plusieurs troupeaux de chèvres et vaches perturbés dans leur traversée de la grand route. Freinage plus ou moins sec du chauffeur pour les laisser s’écarter du chemin.
Des camions transportent des ballots de foin.
Dîner léger à l’appart des volontaires et soirée télé. Apparition improbable de Bebel le Magnifique doublé en mongol.

24 août 2010

Excursion à Little Gobi (2)

Réveil au petit matin par ouverture de la porte et du toit. Petit-déj avec vue, puis départ pour Kharakorum et Erdene Zuu.
Sur la route pour Kharakorum, un groupe de jeunes au bord de la route, non pas en scooter sous l’abribus, mais à dos de chameau. À l’arrière plan, les arbres, puis les dunes, sans végétation de ce côté-ci, et tout au fond la montagne escaladée hier.
Apparition de panneaux de signalisation, invisibles jusqu’à présent : limitation de vitesse, direction, et même un carré à fond bleu avec fourchette et couteau.
Ici il est clair que les montagnes à l’horizon sont bleues, comme pour la palette du peintre. Et pour les cieux, Eugène Boudin aurait pu faire des tas d’études tranquillement, plus tranquillement qu’en Normandie.
De mongolie

Un enclos de 400 m par 400 m rythmé par des stupa : terrain un peu vague à droite, à gauche vestiges de temples bien préservés dédiés au Dalaï-lama, à Bouddha (passé, actuel et futur), au dieu de la médecine, à la déesse vengeresse qui protège contre les démons et mange l’enfant qu’elle a eu avec un démon qu’elle a pu à cette occasion terrasser.
De mongolie


De mongolie

Des fresques murales dans le troisième temple principal et dans le bâtiment secondaire en trois petites pièces : animaux, guerriers, scènes de BD façon vitrail de cathédrale. Les bâtiments aux tuiles vernissées, vert majoritaire sous le ciel bleu.
De mongolie

De mongolie

En dehors de l’enclos des temples, le plus haut stupa du pays, un bâtiment blanc plus élevé d’où s’échappent des sons de prières, et à l’autre bout du monastère une porte qui mène à une pierre taillée en tortue (vestige de Kharakorum, la capitale du plus grand empire que la Terre ait jamais porté) et aux étals des marchands de souvenirs.
Chaleur torride : après-midi dans l’Orkhon Valley au niveau d’un barrage qui découvre un paysage encaissé de pâturages. Deux femmes d’âge moyen assises papotent. La joyeuse bande de volontaires s’étire le long du barrage en quête d’une plage pour se rafraîchir.
De mongolie

Sur le chemin du retour, on s'en va escalader les dunes de sable. Le paysage et ses couleurs sont propices à la rêverie.
De mongolie


De mongolie

Retour au campement pour une rapide balade à cheval au soleil couchant dans une chaude lumière, les ombres s’étendent. Pleine lune et douce nuit d’été.

23 août 2010

Excursion à Little Gobi (1)

Une route de plus de six heures pour rejoindre la famille qui nous accueille pour deux nuits près d’une longue bande de dunes de sable à 350 km de UB.
Déjeuner au bord de la route sur une terrasse couverte avec vue sur les collines vertes et les montagnes. Une famille sur le bord du trottoir dont un bébé et une chèvre. Toute cette compagnie grimpera sur la moto : le bébé dans le giron du père (le deel forme une sorte de poche ventrale) ; à l’arrière, la chèvre sur les genoux de la mère.
A travers la fenêtre du minibus : des paysages sans fin, des montages au loin, des tas de poteaux électriques, des ovoo aux rubans bleus. Et puis les troupeaux de chevaux, moutons, chèvres et boucs, puis quelques chameaux.
De mongolie

Arrivée au campement : sur un petit sommet aride et caillouteux, six gers, des panneaux solaires, une ou deux cabanes en bois et la vue à 360° : les dunes, les montagnes, le sommet rocheux, les pâturages. Le paysage est plus aride que celui de Buhug River. Nous roulons vers la montagne « Guggenheim » qui servit d’abri pendant plusieurs d’années à des moines bouddhistes qui fuyaient les persécutions. Petite escalade pour panorama à perte de vue.
De mongolie

De mongolie

Belle roche rouge au soleil déclinant, et retour au campement pour un petit tour de chameau.
De mongolie


De mongolie


De mongolie


Guggenheim (la suite) :
De mongolie


De mongolie

22 août 2010

De passage à UB

Une demi-journée de travail avant de partir en excursion. Cooking team pour cette demi-journée : matinée non stop, un brin stressant, (avec mémorable désossage de dinde), et on enchaîne avec un départ pour UB sans prendre beaucoup de temps pour les Taïwanais arrivés sur le camp pour deux-trois jours. Programme de volontariat spécial de moyen terme avec étude sur l'informatique en Mongolie.
Le trajet pour UB se fait cette fois sous le soleil et sur une chaussée sèche, mais on navigue tout de même entre les ornières. Impressionnante vue d’ensemble sur la ville en contrebas, l’aéroport et les usines au premier plan (centrale électrique), la ville s'étale au fond et sur les bords de la cuvette. Retour à la poussière et à la pollution, à la société de consommation avec l’escale au State Department Store.
De mongolie

Chouette expérience au restaurant avec un menu mongol et un serveur des plus serviables qui prend son temps avec nous. Nous servons même d’interprètes à un couple de Japonais végétarien grâce au guide de conversation de l'agence de voyage Ciel mongol... Un bouillon de légumes (pommes de terre, carottes, choux) et raviolis et viande. Des soupes aux nouilles épicées (ramen), des beignets/chaussons à la viande hachée et aux oignons (huushuur), des assiettes de bœuf et légumes, etc. et surtout du thé au lait salé, avec un goût de boulgour, de lait de soja, enfin bizarre.
Une semaine seulement, depuis mon arrivée à UB : tant de découvertes, de nouveaux visages - le dépaysement, quoi ! - que cela paraît déjà beaucoup plus long. Serait-ce le pays de l'infini des paysages et de l'éternité ?

21 août 2010

Dans la vallée

Après une matinée dans un champ de radis blancs et un déjeuner taïwano-coréen, balade dans la vallée de la Buhug River. Un panorama saisissant, le plus grand ciel jamais vu, les yourtes sèment de points blancs la verdure des pâturages.
Au bord d'une mare, deux chevaux se désaltèrent auprès d'un petit troupeau de grues argentées.
Deux sources. À la deuxième, un cavalier en deel et chapeau vient étancher la soif de sa monture.
Troupeaux de chevaux, de veaux, de moutons, coursés par le chien (on est en plein Tamara Drewe !). L'audace du chien est hilarante, les vaches ne se laissent pas impressionner.
La compréhension pratique, concrète, quasi-tangible, l’appréhension directe du terme « steppe » : vaste étendue herbeuse. Pas de barrières, pas d’arbre ni d’élément vertical pour distraire le regard. Ça me rappelle les encouragements de Sophie : il n’y a pas de barrières. Il devient évident d'abolir les limites et obstacles qu’on se fixe dans la tête (Mauer im Kopf). Sensation de liberté, de nouveaux horizons, de perspective.
De mongolie


De mongolie


De mongolie

20 août 2010

Travaux aux champs

French cooking team et journée complète de travail 100 % désherbage de carottes. Du travail de précision qui laisse de la marge pour bavarder. Les enfants sont autonomes aux champs et nous donnent les consignes de travail.
Un vol de grues fait lever quelques nez. Des sauterelles aux ailes blanches ou rouges font un sur-place bruyant.
Le campement est composé de deux zones séparées : celle des enfants, et celle des volontaires. Nous partageons avec eux leur temps de travail et leur temps libre. À notre disposition, une baraque constituée d'une cuisine/salle commune et d'une chambre, trois gers, à l'extérieur un bout de tuyau pour l'eau puisée à 66 mètres en profondeur, une cabine en bois pour des toilettes avec la plus belle vue du monde. Un peu plus bas un panier de basket et un terrain de foot. Et plus bas encore dans la vallée, une yourte habitée par une famille qui surveille la propriété toute l'année, des serres, et les champs : carottes, pommes de terre, choux, radis blancs. De quoi nourrir l'orphelinat d'Oulan-Bator au moins jusqu'au printemps.
Après le dîner, les enfants déboulent dans notre cuisine pour jouer, s’incrustent dans les parties en cours au point de prendre la place des joueurs. Très sérieux dans les jeux (on se bat pour gagner, on est fort, toujours, pas de place pour la faiblesse), et du style : on abat ses cartes bruyamment. Même au Uno on ménage ses effets pour terrasser l'adversaire d'un coup de maître.

19 août 2010

First working day

Le soleil est au rendez-vous pour un premier jour de travail : arrachage de mauvaises herbes dans un champ de carottes. Longue pause mise à profit pour une balade dans la vallée. De hautes herbes, des mini-bosses, des chevaux, les grands espaces. Retour au champ à 17 h pour deux heures de travail de précision dans d’autres parcelles de carottes.
Party time après le dîner : entre timidité et inhibition, les garçons (dé)montrent ce qu’ils sont capables de faire, les filles n’ont pas l’air d’oser se lancer sur la piste, les volontaires se démobilisent petit à petit. Au bout d’un moment les choses bougent mais dans une atmosphère « battle », il n'y aura pas de slow ce soir !
L'équipe de volontaires est désormais au complet : six Japonaises, quatre Coréennes, quatre Françaises, deux Coréens, deux Français, un Japonais, une Chinoise de Hong-Kong, un Belge, une Québécoise, une Espagnole, un Allemand. Tout ce petit monde a entre 18 et 31 ans, étudiants en langues, sciences politique, relations internationales, économie, système d'info, design... ou jeunes travailleurs dans l'éducation, le social, le culturel, le commerce, la relation clients... Chinbaa et Jargal sont nos deux leaders mongols et assurent le bon fonctionnement du chantier avec les orphelins, et l'ambiance de la micro-société de volontaires internationaux.

Le soir la lumière persiste longtemps à l’ouest alors que l’obscurité prévaut au campement. Les grands espaces, on vous dit.

18 août 2010

Arrivée à Buhug River

Le trajet pour le workcamp sous la pluie : mini-bus coréen de 20 places plus strapontins rempli à bloc. Ça papote frénétiquement au début, puis grand calme. On slalome entre les ornières qui forment de gigantesques flaques à contourner par la droite ou par l’autre côté de la chaussée, parfois en dehors de la chaussée, ce qui n’empêche pas de doubler pour autant.
On traverse deux villes. La première paraît relativement anarchique, routes en terre, palissades et cahutes en bois. La deuxième : une usine, puis un peu plus loin un lotissement très géométrique, aspect caserne. Une buvette Coca-Cola.
Les clôtures et palissades ont quelque chose d’étrange ici. Tellement pas dans la nature de ce pays qu’ils les construisent moches exprès ?
Après un demi-tour sur la route asphaltée, on emprunte un chemin de terre, ça grimpe et on arrive à un mur de parpaings en construction. Excités d’être arrivés mais interrogatifs, on descend du minibus pour un accueil pas très chaleureux des éléments : froid, vent, pluie. Quelques enfants approchent, puis nos prédécesseurs encouragés à partir par les enfants : « go! go! »
Répartition dans les gers et dans la maison. Une ger dans sa simplicité brute : sans chauffage, ni tapis, six lits en bois, un peu d’humidité passagère.
Déjeuner autour de petites tables peintes en orange et ornées de fleurs, pliés sur les petits tabourets. Après-midi pluvieux. Des jeux à n’en plus pouvoir : Uno géant, méga Jungle Speed, toutoune et jeux de cartes, « dés » coréens à lancer et rattraper.
Quand on n’en peut plus de jouer, après équipement Gore-tex intégral, départ pour le sommet le plus proche. En haut, cairn et morceaux de tissu bleu (ovoo). Les chiens nous ont devancés, connaissant les sightseeing places de l’endroit. Sur le chemin, le parfum d’une plante comme dans la garrigue. Très pluvieux et gris, mais magnifique vallée et collines semées de yourtes et de troupeaux. Descente sur une conversation littérature de voyage et arrivée dans une cuisine animée par un dîner réconfortant : soupe au menu. Au dîner, Vincent, avec son calme et son ton posé, sage, qui semble avoir parcouru le monde déjà, raconte son périple en train de Moscou à UB, à rallonger la prochaine fois en partant de Berlin.
Première nuit sous la ger. C'est la vie au grand air qui commence, hourra !

17 août 2010

UB - la suite

Départ avec deux volontaires français, Céline et Martin, pour le monastère Gandan. Ce sera pour commencer, en bordure de bidonville, celui de Geser et un aperçu du Betüb Monastery (financé par un Indien), puis en haut de la bonne rue cette fois le monastère de Gandan, le seul monastère en activité pendant toute la période soviétique.
Entre Geser et Gandan, un quartier bordé d’un côté par une route flambant neuve pas encore ouverte à la circulation avec deux billards et leurs joueurs sur le bord de la route, et de l’autre, la route probablement la plus fréquentée par touristes et fidèles à UB, avec restaurants, boutiques, et même un restaurant végétarien, une allée plantée d’arbres au milieu. Pour des questions de temps, pas de traversée du quartier, construit non pas de yourtes mais de baraques en bois avec allées/rues en terre empruntées précautionneusement par les voitures.
De mongolie

À l’entrée du monastère, le moine caissier rend l’argent de la main droite, main gauche sous le coude droit, en s'inclinant légèrement. Il est temps de brider l'utilisation automatique de ma main gauche.
De mongolie

Beaucoup d’interrogations sans réponse, d’hypothèses, de mystère autour des rites bouddhistes qu’on observe, fascinés. Magnifiques allures des pasteurs nomades et des moines.
De mongolie

Dans un temple, les moines boivent un bol de lait en même temps que leur « chef » après un chant (bénédiction ?). Échange de monnaie (don des fidèles ? qui se tournent priant et un peu inquiets vers un autre moine âgé dont le siège est situé à droite de l’entrée). Sortie du temple en marche arrière, mains jointes.


Dans un autre temple, de la musique accompagne ou plutôt interrompt les chants comme un déferlement d’esprits malveillants : tambours et trompes joués par des enfants. Étonnants, d’ailleurs, ces tout jeunes moines qui vous observent à la dérobée.
De mongolie

Dans le temple principal, l’immense bouddha de 26 mètres, couvert de cuivre, décrit par Ferdynand Ossendowski, domine le pèlerin, entouré d’une collection impressionnante de petites statuettes et de moulins à prières que chacun fait tourner consciencieusement. Ces rites ont un air de jeu : peut-être parce que chacun apprend ces rites depuis peu de temps ? peut-être parce qu’il n’y a pas de drame sanglant du type crucifixion à commémorer et à se faire pardonner ?
Devant les stupas et les temples, des planches de bois sont utilisées par les fidèles pour se prosterner de tout leur long.
Quelles sont les motivations de ce retour à la religion : sont-elles culturelles ? identitaires ? spirituelles ?

Visite du National Museum : superbes costumes traditionnels (les coiffes de ces dames sont magnifiques, cheveux comme des ailes ornées de coraux terminés par des nattes en soie – comme dans le documentaire de S. Passet visible au musée Albert Kahn), pierres gravées d’écritures ou de portraits, pièces de soie séculaires. Et bien sûr l’époque du grand empire mongol, du Pacifique à l'Europe.

Arpenter le centre d'UB, c'est croiser des petits vendeurs de rue, un homme avec un pèse-personne, d'autres avec un téléphone, et plus classiquement vente ambulante de fruits et de brochettes. Dans les rues chaotiques et poussiéreuses, les jeunes femmes maquillées sont perchées sur leurs talons hauts, it-bags et jupes droites, voire mini-jupes moulantes. On repère d'autant plus facilement les touristes en habits de trekkers. Dans le grand magasin, les jeunes garçons et filles sont aussi très stylés.

Le soir nous bravons l'orage pour une sortie vers le supermarché. Dans l’entrée à l'abri de la pluie, plusieurs jeunes garçons : enfants de la rue ? ils seraient plusieurs milliers à Oulan-Bator.

16 août 2010

A la découverte de UB

Avant l’atterrissage, lever de soleil qui rase soigneusement les crêtes du terrain. Quelques rares parcelles géométriques immenses. Les yourtes et les troupeaux sont bien visibles, même à cette altitude. Intrigant et séduisant paysage.
À l’arrivée le panneau WORKCAMP m’attend, tendu par un homme peu bavard (mais moi non plus) sauf du klaxon : il engueule le chauffeur du bus devant nous ou quoi ? Pas tout capté, mais il m’assure que tout va bien lorsque je lui demande si everything’s ok? La route de l’aéroport est un beau champ de nids de poule, les panneaux d’affichage 4×3 annoncent de beaux hôtels et des banques. Des passants le long de la voie qui attendent l’autobus ou un moyen de transport.
Soudain le chauffeur tourne vers ce qui semble un parking en contournant une énorme flaque boueuse. Il s’engage en fait dans une rue et me précède dans un immeuble bien décrépit dans un quartier HLM. La guesthouse a une porte de prison à laquelle il tambourine. Tout le monde dort. On m’installe une natte. Sieste bienvenue.
Otgoo m’indique la banque, et hop : me voilà lâchée seule dans UB. Quelques tours de verre qui lui donne une mine de capitale, mais sinon cela ressemble bien à une ville de cow-boys avec boutiques dans des bâtiments bas aux vitrines discrètes, pâtés de maison sans véritables rues au milieu mais des allées pour le parking et la circulation piétonne semble-t-il... quelle illusion : ici les voitures ont la priorité ! Le volant est à droite ou à gauche, et le côté de la chaussée réservé à la circulation varie aussi, selon l'état du bitume.
De mongolie

La place Sükhbaatar toute en modernité : des panneaux de verre sur le parlement. À l’arrière-plan, la montagne sacrée découpe le ciel. Au sud de la place Sükhbaatar et à côté d’une tour en construction, le Choijin Lama Temple. Plusieurs bâtiments dans cet enclos paisible, tous plus décorés les uns que les autres, des figures étranges – manque de culture bouddhique ! Une collection de masques pour la danse Tsam. Agréable petit jardin devant le temple. Un petit garçon chargé d'un bébé en poussette vient s'asseoir à côté de moi. Malheureusement je n'arrive pas encore à communiquer en mongol... frustrant, l'échange reste limité.
De mongolie

Une grande avenue polluée et poussiéreuse vers le sud, vers ces collines revêtues d’un portrait de Gengis Kahn et du symbole national, et finalement : le palais d’hiver du huitième Bogdo Khan (chef religieux et politique de 1911 à 1924, rencontré dans Bêtes, hommes et dieux, de Ferdynand Ossendowski, de son vrai nom Javzandamba Agvaanluvsanchoijindanzanvaanchigbalsambuu). Là aussi, tout en contraste avec la circulation cahotante, cet ensemble ceint d’un mur de brique appelle à la sérénité. Des œuvres sur soie, de la peinture, des statues, des couleurs subtiles à l’extérieur et vives à l’intérieur. Une fraîcheur inattendue dans ces bâtiments de bois. Dans le palais d’hiver, une ger recouverte de 150 peaux de léopards et une collection d’animaux exotiques empaillés. Le Bogdo Kahn possédait aussi un éléphant. Il paraît que c'était un original... À l’entrée, comme au Choijin Lama Temple, le premier temple est celui des quatre Makhranz, gardiens des quatre continents qui s’étendent sur les côtés du centre de l’univers, la montagne Sumber :
- à l'est : Yolkhorsuren (sanskrit : Dhrtastra) est blanc cristal et porte un instrument de musique dont la mélodie apporte le bonheur.
- à l'ouest : Jamiisan (Virupaksa), protecteur contre les esprits terrestres, est rouge corail. Dans sa main gauche, il tient un serpent, et dans la droite un stupa.
- au sud : Pagjiibuu (Virudhaka) est bleu et protège contre la guerre et les attaques ennemies. Il est représenté avec une épée dans la main.
- au nord : Namsrai (Vaisravana) est doré et tient dans sa main gauche une souris blanche qui crachote des pierres précieuses. Il apporte richesse et chance.
Aux pieds de ces quatre statues colorées sont représentées les huit créatures ignorantes soumises aux Makhranz.
Le soir débarquement de quatre filles et un gars japonais qui amènent de la gaieté dans l’appartement des volontaires jusqu’à présent habité par le sommeil des précédents volontaires.

Choijin Lama Temple (suite) :
De mongolie


De mongolie


De mongolie


De mongolie


De mongolie


De mongolie


De mongolie

15 août 2010

Paris - Oulan-Bator (via Moscou)

Départ en douceur dans l’ambiance cosy du terminal E, tout de bois charpenté. Un appel spécial pour les passagers à destination d’Oulan-Bator : "c’est où ?" demande un passager. Départ pour une capitale inconnue.
À Moscou, correspondance avec Carine, animatrice-illustratrice en route pour le Japon. Voyage organisé avec des compagnons de route trouvés sur Internet. Toutes les affaires de trois semaines dans un sac-à-dos de cabine, frimousse rousse. Sympathique rencontre malgré son anxiété, simplicité insolite de ce départ avec des quasi inconnus.
Pour moi, le chemin se poursuit dans un Boeing 767 pas très frais vers Oulan-Bator.

02 août 2010

Visa en poche

Vers la rue du Château : la piscine Molitor, face au stade Jean Bouin en travaux.
De 2010_0809

Du pont du Garigliano : l'œil scrutateur de tf1 surveille les livraisons de matières premières.
De 2010_0809


De 2010_0809