02 janvier 2009

Le poulpe et l'espadon

Départ, nostalgie, somatisation
Le retour à Paris est tout doux, "heureux qui comme Ulysse"... Le soleil rase les murs, la lumière hivernale ici caresse les bâtiments et orne les recoins d'ombre au plus clair de la journée.
Etrange sérénité de regagner ses pénates après cette semaine intense de contrastes :
les rues désertes en début d'après-midi et l'animation de la passegiatta le soir
le grand soleil clair et printanier et le brouillard le plus épais
la sévérité rugueuse des palais normands et la précision brillante des mosaïques
la décrépitude de l'ouest et le dynamisme du sud-est
l'opulence des citronniers et mandariniers en fruits et les ceps de vignes décharnés
l'hostilité enivrante des montagnes sous les cumulus menaçants et la fougue de la Méditerranée au profond camaïeu azur
le désert rural et la densité urbaine
les vestiges sublimes et accablants de l'accumulation des siècles et la vacuité apparente du temps présent. Il nous reste la nostalgie idéalisatrice.

Encore des photos en cliquant ici

01 janvier 2009

Autostrada

Quel meilleur endroit que le jardin d'Eden pour débuter 2009 ? grand soleil et douceur combinés à la splendeur des vestiges antiques de Syracuse.
Majestueux amphithéâtre verdoyant, immense autel à hécatombes tout d'un bloc, et surtout sensationnel théâtre où vibreront Euripide, Miller et Hugo. De l'émotion pour sûr.
Ensuite les latomies de Paradis, avec l'étrange tunnel de l'oreille de Denys. Les citrons et les orangers dans ces carrières, c'est vrai que cela représente assez bien le jardin d'Eden par cette belle matinée ensoleillée.
Un tour au marché, et puis c'est parti pour regagner Palerme par l'autoroute.

Bientôt on aperçoit les pentes enneigées de l'Etna, tout en longeant d'immenses raffineries devant lesquelles croisent les pétroliers.
Le temps se dégrade à l'intérieur du pays. Etape malgré tout à Enna, qui domine le centre de la Sicile. Rampe d'accès vertigineuse et frêle pour accéder à cette forteresse dans la pluie et le brouillard. Tristesse d'un jour férié, pas un chat, quelques voitures qui n'ont pas toutes allumé leurs phares. Les fondations du temple de Déméter sont plongées dans le brouillard : y a-t-il seulement un monde à part nous?
Retour et fatigue, calme plat dans le Vito alors que le temps se dégage quand on redescend. Menaçants nuages toujours là à plomber l'horizon, contrastant avec des collines, des montagnes vert cru. Quelques roches affleurent, le parcours de cette autoroute en bonne partie sous forme de viaduc dans les vallées asséchées, dans cette atmosphère apocalyptique, fin du voyage, bout du monde, irréel. Un feu de forêt, un ciel chaotique germaniquement romantique, si peu de monde sur cette artère magistrale. Sur la côte, la nuit est tombée, le vent souffle du large, la banlieue de Palerme s'étend.
Une pizzeria à l'ambiance familiale, un dernier DST proposé par Ad. Un dernier petit tour sur les places de notre QG.