31 décembre 2008

L'île de Pâques et Kerouan

Au petit déjeuner, nouvelle découverte de la touche sensible de la Casa Mia : le service à café, les confitures maison, les petits pains, les gâteaux.

Ortygia by daylight : les visages s'illuminent quand on arrive face au grand large, le vent, les vagues et leur déferlement puissant, les âmes libérées.

Puis les ruelles, des bâtiments en meilleur état semble-t-il, moins sombres en tout cas que ceux qu'on a vus avant, les portes s'ouvrent sur les cuisines où les habitants déambulent en pyjama.
Arrivée à la cathédrale, étrange mélange et beau symbole de l'intégration du passé et des cultures anciennes : construite à partir d'un temple dorique dédié à Athéna dont on voit bien les colonnes.
On poursuit la déambulation jusqu'au marché où on trouve comme par miracle une épicerie alléchante qui va nous préparer de superbes panini. Le mouvement Slow Food est ici chez lui.
On se régale en bord de mer, avec vue sur le piccolo porto, sur le toit d'un parking, une esplanade déserte, quasi immaculée.

Café express et cannoli, départ en Vito (il nous manquait trop) pour le parc archéologique. Grande frustration sa fermeture si tôt dans l'après-midi par cette belle lumière.

Alors on erre dans le quartier : on voit bien quand même les Latomies, la nécropole de Grotticelli, un immense ficus magnolia. Puis la basilique San Giovanni et le sanctuaire de la Madonna delle Lacrime.
Les préparatifs pour le réveillon commencent. Cérémonie digne de Hollywood. On court avant minuit pour arriver à temps sur la place du Duomo. Artifices, embrassades et réjouissance. Le bord de mer toujours revitalisant ; quelques pas de danse, twist et tarentelle.

30 décembre 2008

Baroque anniversaire

Pas le temps d'arpenter Agrigente de jour, ville zappée : on a un programme baroque à honorer en ce jour d'anniversaire de Gianni Luca. Traversée de Gela bien longue : marché + trafic. En sortant, installations pétrolières. La route s'élève ensuite et le soleil point. Des collines verdoyantes retenues par des murets de pierre. Le vert cru de la végétation contre le gris menaçant des nuages.

Arrivée à Raguse, ville qui ondule sur les collines qu'on va grimper et dégringoler au gré des marches et des ruelles en pente.
Le clou est tout au bout : la place du Duomo, puis le jardin Ibleo, encore au bout du promontoire rocheux. Le partage familial de trois plats de pâtes réconcilie les estomacs et les esprits soumis à rude épreuve dans cette ville serpent. Des glaces fantastiques achèvent de rendre le sourire à toute la troupe.
Dans une sorte de canyon quelques rayons de soleil percent et la lumière du coucher adoucit l'arrivée à Modica.
On s'y balade un peu désabusés, c'est encore l'heure des rues désertes. La descente en Vito dans la ville basse s'avère une fantastique découverte du Corso Umberto I illuminé par les décorations de Noël. Le trafic nous permet d'admirer rapidement les palazzi.


Nuit noire, on grimpe à présent vers Syracuse. Pluie battante sur une autoroute qui vient d'ouvrir, déserte dans l'obscurité. Bonheur et excitation à la découverte de notre casa pour deux jours. Une aile de la maison au mobilier ancien et à la déco familiale rien que pour nous. Serveur échappé de la forêt profonde pour nous proposer salade de poulpes et nectar de Corleone. Cérémonie d'anniversaire avec son et lumière. Accompagné par la magie de Salvador, le globe terrestre tourne au gré de nos projets de voyages imaginaires.

29 décembre 2008

La traversée de l'Ouest


Un rapide tour d'Erice de jour pour voir le paysage alentours et la forteresse, on reconnaît petit à petit les silhouettes devinées la veille.
On redescend vers Trapani en ayant bien le loisir de l'observer de haut tout en s'en rapprochant. L'aventure continue avec la route directe pour Castelvetrano. Ca commence par des panneaux contradictoires, puis deux personnes qui nous orientent vers l'autoroute. Qu'à cela ne tienne, on y va, puisqu'enfin on l'a trouvée cette strada. Au coeur des vignobles et des collines, tour à tour chemin de terre, nids de poule, gigantesques flaques d'eau dont on ne peut estimer la profondeur, le soleil brille, les rares êtres humains nous observent passer. Tous les bâtiments sont à l'abandon, même les eucalyptus sont dans un état désastreux au beau milieu d'un marais asséché. Désolation et prise de risques, la tension monte, mais le macadam revient.
La route se poursuit plus normale vers Sciacca : déjeuner sur le pouce et glaces pour se réconforter en terrasse en observant les mouvements du port de pêche, en contrebas. Rapide déambulation sur cette pente, puis retour au Vito tout décoré de son périple sur la SP8.
Sur la route pour Agrigente, un essaim d'étourneaux se déploie au son du yéyé, les agrumes abondent, Porto Empedocle fait frémir. L'arrivée à Agrigente, sur viaduc of course, est impressionnante : immenses immeubles à flanc de colline, massif dense et inhumain. Mais pour le moment on poursuit sans faillir vers la vallée des temples. D'ailleurs, ils apparaissent, les uns après les autres. Une heure top chrono pour parcourir ce site, dans la frustration de l'incompréhension. Mais la majesté du site et le poids des années font leur petit effet.

La nuit tombée, on gagne le centre-ville et un hôtel froid où tout résonne comme un retour en arrière. Sorrente, je crois.
La découverte du centre d'Agrigente se fait donc by night. Les passants sont nombreux, les boutiques ouvertes et une grande artère commerçante qui donne l'impression d'une ville proprette bien différente de ce qu'on a vu jusqu'à présent des villes siciliennes.

28 décembre 2008

Going West

C'est le moment de quitter Palerme pour Ségeste. La route s'élève, mais les cyclistes du dimanche sont fidèles au poste. On emprunte des galeries à flanc de collines, avec vue sur la mer. L'autoroute toute en viaducs serpente dans la vallée, l'arrivée à Ségeste est fantastique: fleurs printanières au jaune électrique, pins parasols, palmiers, figuiers de barbarie, et soudainement le temple surgit dans sa simplicité dorique avec une pierre chaude même sans soleil. Vue sur la mer comme il se doit, et paysage souriant.
On grimpe ensuite la colline qui lui fait face pour découvrir les vestiges de la ville, et principalement du théâtre et du palais (le reste est peu lisible). Exceptionnel de pouvoir pénétrer dans ces ruines, temple et théâtre, et pouvoir prendre ainsi leur mesure sans être tenu à distance, c'est-à-dire pouvoir se familiariser avec eux, la vie passée qu'ils figurent.
Avant d'arriver à la mer, on sillonne un dédale tout en parallèles et en perpendiculaires à Castellamare dei Golfo. Finalement Zio Andrea nous accueille à la suite de l'équipe de foot poussin pour nous régaler. En quittant la ville, on passe en fait près de son cœur qui semble battre à cette heure.
La nuit tombe sur le golfe de Castellamare et nous découvrons Scopello by night : formidable baglio, mais ne parvenons à la tonnara en contrebas.

Il est temps de gagner Erice : quelle route étonnante qui grimpe sans fin, les lumières de Trapani s'amenuisent, les épingles se resserrent, le brouillard s'épaissit. Nous passons une porte de la ville et trouvons le couvent qui doit nous accueillir pour la nuit. Porte close jusqu'à ce que nous soyons décidément trop bruyants. Lieu exceptionnel aussi où résonnent pas et voix, un couloir comme un dortoir dessert les différentes chambres.
La balade du soir dans la brume de cette ville déserte se révèle une expérience délirante. Le cache-cache dans le jardin est assez inquiétant lorsque les lampadaires s'éteignent et qu'on ne peut distinguer vers quoi mène cette volée de marches...
Nous trouvons refuge dans un café sur une grande place rectangulaire pour un Time's up endiablé.
Le retour vers Il Carmine s'avère plus compliqué que prévu : on se perd dans ces ruelles à peine éclairées, glissantes, et dans cette atmosphère fantastique. La palme revient bien sûr à la Chiesa Madre et son campanile.

En longeant l'enceinte de la ville, on finit par retrouver notre porte del Carmine, non sans frayeur... Les ruines de la muraille et les arbres sont bien plus impénétrables que les petites maisons aux portes dérobées. Un bon petit jeu de psychiatre pour terminer cette soirée de l'étrange.

27 décembre 2008

Primo giorno con Vito

Pour rejoindre le palais des Normands, on emprunte la piazza Bologni et les rues encore calmes, quoique quelques pétards claquent piazza S Chiara.

La chapelle Palatine et ses mosaïques.

Visite guidée du palais où siège désormais le parlement de Sicile.
Enfilade du Corso Vittorio Emmanuele pour rejoindre le marché de la Vucciria et préparer un pique-nique en récupérant le déjà mythique Vito.
On y grimpe pour prendre de la hauteur sur le mont Pellegrino, déjeuner avec vue sur la baie de Palerme.
Arrivée en fin d'après-midi à Monreale, après s'être faufilés en Vito dans les rues étroites du marché de l'Albergheria à la Jason Bourne, où la cathédrale ressemble étrangement à la chapelle palatine en plus mégalo.
Le cloître est un peu trop sombre à cette heure pour profiter pleinement de son architecture : je devine les mosaïques qui brillent sous le peu de lumière, mais rien de la pierre sculptée.
Extrême animation dans la petite ville aux rues piétonnes. Samedi soir - toute la jeunesse pimpante arpente la ville.