Peu de repos dans l'impatience et l'excitation du voyage. Traversée du nord parisien avant cinq heures du matin, la place Blanche a plutôt bonne mine (à vous, flûte traversière !). Tel un car de ramassage scolaire, le taxi suit son parcours en toute logique et s'engouffre dans des boulevards, un périph, une autoroute déserts. La ville est toute entière pour nous, nous partons parcourir le monde.
À Orly, en revanche, la situation redevient normale, voyageurs parmi les voyageurs, tourisme de masse et migrations internationales.
Arrivée à l'aéroport Falcone-Borsellino, le ton anti-mafieux est donné (dans une ville pourtant où 80 % des commerces verseraient le
pizzo). Le soleil brille, le vent est doux, les arbres bercent leur palme sur fond de mer bleuissime.
Un trajet en car nous familiarise avec les alentours de Palerme : immenses ensembles d'immeubles, grandes avenues, puis boutiques luxueuses, et enfin gare centrale. Sur le trajet direct vers le centre, on aperçoit déjà quelques endroits qui suscitent la curiosité. Accueillis par des voyageurs de longue date déjà à l'hôtel, un premier café, et c'est parti pour la découverte de la capitale de la Sicile.
Piazza Quattro Canti, piazza Pretoria avec son immense fontaine qui semble à peine tenir sur la place, comme si l'on n'avait pas réussi à repousser les murs, déplacer les bâtiments qui la bordent.

Piazza Bellini : première confrontation avec le creuset sicilien dans l'église orthodoxe La Martorana et aux abords de la Chiesa di San Cataldo et ses coupoles.

Incursion dans le quartier d'Albergheria et le marché du Ballaro. Etals de fruits, légumes, poissons, vespas au milieu des piétons, soleil.

Nos pas nous mènent ensuite à la piazza Indipendenza, manifestement une cérémonie a lieu au palais de l'assemblée régionale.

Direction la cathédrale, si massive à l'extérieur, si froide à l'intérieur.


Les bars fermés de la via Candelai et de la via Venezia. Vers le port, dans la Vucciria, stupéfaction devant les anciennes demeures délabrées, une terrasse en bord de mer avec de prestigieux palais désertés, seulement gardés par des molosses aux aboiements désespérés.

Et ça continue dans la Kalsa, cette ambiance Trümmer d'après-guerre. Ancienne gloire perdue, à jamais semble-t-il, travaux sans fin, profonde misère. Est-ce à cela que ressemblait le Marais parisien ?


Piazza Santa Anna, un bâtiment tout rénové : la Galleria d'Arte Moderna.

Passage au Teatro Massimo.

L'ambiance de la ville a bien changé, et au-delà de la via Cavour, en particulier dans l'Antico Caffè Spinnato où nous sirotons thé, chocolat, café et faisons les singes, on est dans une ville plutôt cossue et Belle époque aux boutiques internationales. Bref apéro dans la via Candelai encore tranquille, dîner dans l'ambiance feutrée du Sant'Andrea, partie effrénée de chat perché dans les rues peu ou pas éclairées, bordées d'échafaudages, de la Vucciria.