Au départ, ce devait être une ballade estivale (le soleil matinal était prometteur) vers les services consulaires mongols et les années 30 boulonnaises. La Marseillaise filtrait dans les rues à travers les grilles Art Déco.
Au gré de l'orage, la ballade est écourtée mais magiquement transformée en voyage dans le temps - la Bretagne du début du XXe siècle -, et dans l'espace grâce au jardin japonais d'Albert Kahn et aux collections des Archives de la planète.
Il n'y a pas que le Japon, chez le banquier Kahn, il y a aussi le dessein de "fixer une fois pour toutes des aspects, des pratiques et des modes de l'activité humaine dont la disparition fatale n'est plus qu'une question de temps" (A. Kahn, janvier 1912).
Alors voilà, j'y suis allée en Mongolie... en 1913 même, grâce à l'opérateur Stéphane Passet.

La suite, par ici : http://www.albert-kahn.fr/archives-de-la-planete/mappemonde/Asie/Mongolie/
On est saisi par ces reportages. L'image en couleurs et le film rendent l'abord de ces hommes, lointains dans le temps et l'espace, immédiat, discernable. On s'identifie, on a bien l'impression de faire partie de la même planète, de la même humanité.
Aujourd'hui qu'un clic sur Google Map et Flickr ouvre l'accès au monde entier, les comprend-on mieux ce monde et cette humanité ? Prend-on le temps de s'attacher à étudier le détail d'un vêtement, d'une technique de pêche, d'un sanctuaire ? Que construit-on à partir de cette connaissance ? La paix chère à Albert Kahn ? Une nostalgie pour les êtres du passé dont les modes de vie ont disparu mais dont on garde la trace, comme un talisman contre notre disparition ?