01 août 2015

Au fil de l'eau

Paris--Maisons-Laffitte
Notre boussole Avenue Verte qui se transformera en Greenway de l'autre côté de la Manche

Descente en pente douce de Jourdain au pont de Crimée par un beau soleil matinal. Bassin de la Villette, Canal de Saint-Denis, la densité des piétons et coureurs s'éclaircit au fur et à mesure. Le canal est avenant, ses berges plus aménagées que dans mon souvenir, on s'amuse des panneaux indiquant la direction de Londres au niveau du quai de la Charente, notre destination nous paraît encore chimérique alors qu'on nous renseigne gentiment sur la façon d'atteindre le centre-ville de Saint-Denis. Évacuation matinale sur l'autre rive d'un petit campement Quechua & Caddie, nous éviterons donc le camping sauvage dans notre itinérance. La gare de Saint-Denis fourmille d'activité, d'interconnexion, puis nous suivons les travaux du T1 jusqu'à la gare de Gennevilliers.
Frais et dispos mais privés de la 3e mousquetaire

On traverse la Seine une première fois aujourd'hui au niveau de l'Ile-Saint-Denis ; on longera ses méandres plus tard. Bifurcation vers le port de Gennevilliers, après quelques hésitations sur la route à emprunter (il n'y en aura pas tant que ça au fil du périple, merci au balisage et au GPS !). De grandes avenues bordées de camions garés, souvent tronqués de leur remorque, on finit par apercevoir un bout d'eau et deux-trois péniches de ce grand port qui, de la route principale, ressemble davantage à une vaste plateforme sans connexion avec un quelconque fleuve. Les abords de la métropole sont logistiques ; cette incursion dans les coulisses fait paraître la ville lumière déjà bien lointaine. Les tours de Colombes parsèment l'horizon, puis on longe la Seine pendant le reste de la journée, parcs et promeneurs, installations d'assainissement et de pompage de l'eau, et même une raffinerie de pétrole.
Rueil, Chatou et l'inauguration de son Monoprix comme un sou neuf, Croissy, ses maisons pastel et son Ecole britannique de Paris qui nous donne un avant-goût de notre destination, Le Pecq, la terrasse de Saint-Germain qui surplombe l'autre rive, Sartrouville, dont on traverse un parc municipal pour accéder agréablement au pont vers Maisons-Laffitte. En plein dans l'axe : le château, érigé sur des plans de Mansart.
Étrange ville de Maisons-Laffitte, mélange de Versailles et de villégiature de la côte Atlantique avec ses grandes avenues calmes et boisées où l'on circule à pied, à vélo, à cheval, parfois en voiture, et ses grandes demeures. C'est le mois d'août et tout est calme, peut-être est-ce le cas toute l'année dans cette suburb hors du temps ? Le centre-ville est un peu décevant face à l'opulence des résidences, peu de commerces, une tentative de rue piétonne façon centre-ville francilien traditionnel, mais ça ne prend pas avec ces crépis à la lourde truelle. C'est probablement à Saint-Germain-en-Laye que tout se passe ? Dans la cour de notre logement, des écuries et quelques équidés.
Devant le Cosy de Maisons-Laffitte trône une cabine téléphonique et passe un taxi londonien. On est presque arrivés.
Ce samedi mérite définitivement le label SDU. Samedi aoûtien au fil de l'eau, douce entrée en matière avant d'attaquer les grandes étapes.