Voilà j'ai trouvé un bon filon pour nourrir ce blog. Je vous propose une nouvelle fois de découvrir un film plutôt méconnu d’un cinéaste plutôt connu ! Il s'agit ici d'une chronique publiée en décembre dans le numéro 9 d'Artmaniak, numéro épuisé malheureusement, pas moyen de se le procurer. Les lecteurs de Télérama et les habitués du cinéma Le Champo apprécieront, j'espère, l'actualité du post !
God's country, de Louis Malle (1985)
Anniversaires et commémorations paraissent bien artificiels, jusqu’au jour où ils coïncident avec votre intérêt subit pour le personnage concerné. Ce jour-là on croirait même que le monde est bien fait... C’est ainsi qu’un engouement récent pour Zazie dans le métro et Ascenseur pour l'échafaud a pu se muer en une plongée dans l’œuvre de Louis Malle, dont on célèbre la mémoire dix ans après sa disparition, sous la forme d’un cycle à la Cinémathèque et de DVD (Arte vidéo).
Renommé pour ses films de fiction, au premier rang desquels Au revoir les enfants (3,5 millions d’entrées, un Lion d’Or, sept Césars), Louis Malle a en fait débuté à 23 ans avec une Palme d’or pour Le Monde du silence, coréalisé avec le commandant Cousteau. L’alternance fiction/documentaire restera un élément-clé de sa filmographie, notamment avec God's country, tourné en 1979 et 1985 durant sa période américaine.
Débarquant par hasard à Glencoe, Minnesota, Louis Malle met en œuvre une technique de cinéma direct, où l’improvisation et la curiosité sont reines. On fait la connaissance d’une communauté du Middle West qui nage dans l’opulence et se passionne pour les tondeuses à gazon. Le banquier est éleveur de vaches laitières, l’inséminateur artificiel fait l’acteur, aux côtés de « la madame Bovary de Glencoe ». Mariage, vieillesse, préjugés sont évoqués avec intelligence. On partage l’émotion du documentariste lorsqu’il rend visite six ans plus tard à ces personnages dont il est tombé amoureux. Après avoir oscillé entre douceur et amertume, le film se conclut dans une ambiance désenchantée propre à Louis Malle. « J’adore filmer au petit bonheur », déclarait-il. Et quel bonheur de suivre son chemin à la rencontre de l’Autre !

2 commentaires:
oui, surtout que c'est à deux pas de chez toi. bravo, Jeanne, pour ton idée de redonner vie à de bons films oubliés, ça nous évitera d'aller voir "les Bronzés" !
j'ai été voir "Orgueil et préjugés" et ça m'a bien plu, en tant qu'inconditionnelle de Jane Austen, sinon, c'est un peu guimauve.
c'est vrai que ça prend du temps de s'occuper de son espace privé, il n'y a qu'à voir l'état de la poussière dans mon logis de la rue du Jourdain (le vrai) pour se rendre compte du laisser-aller... Au moins le blog y a pas besoin de récurer.
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