04 avril 2006

Flash back (dernière)


Charlotte et Véronique ou Tous les garçons s’appellent Patrick
de Jean-Luc Godard (1957)

Pour cette dernière chronique, je vous propose une petite curiosité : un court métrage de 21 minutes réalisé par Jean-Luc Godard. Une curiosité à plus d’un titre : premier film de fiction du jeune Jean-Luc, Tous les garçons s’appellent Patrick est aussi l’un de ses rares courts métrages. En effet, JLG estime peu le court et déclarera un an plus tard qu’il ne peut s’agir que de la version abrégée d’un film long, mais en aucun cas d’un genre à part entière, comme peut l’être la nouvelle à l’égard du roman. Tous les garçons s’appellent Patrick est aussi le seul film que Godard ait mis en scène sans être l’auteur du scénario, écrit ici par Éric Rohmer, un camarade des Cahiers du cinéma et de la Nouvelle Vague.

La « nouvelle vague », c’est d’ailleurs le cœur du propos de ce film tourné en 1957, année d’apparition de l’expression sous la plume de Françoise Giroud qui publie une enquête sur les phénomènes de génération dans L’Express. Tous les garçons s’appellent Patrick offre une image de la vie du Quartier latin et des préoccupations et bavardages de deux étudiantes dont l’appartement est décoré d’un portrait de James Dean. C’est aussi la représentation d’une époque marquée par la présence accrue des médias, filmés avec insistance. Ici un livre, là un tourne-disque, ailleurs la une d’un journal, mais pas n’importe laquelle : celle de la revue Arts du 15 mai 1957 où paraît un texte fondateur pour le cinéma de la Nouvelle Vague, signé François Truffaut et intitulé « Le cinéma français crève sous les fausses légendes ».

Comme quoi, il est drôlement riche, ce court. Allez, je vous fait le pitch pour la route : dans la même journée, deux colocs se font draguer par un certain Patrick (Jean-Claude Brialy) au Luxembourg. Le temps de se raconter leur petite aventure, et le garçon disparaît sous leurs yeux avec une troisième fille…

1 commentaire:

jeanne a dit…

Bingo, j'ai effectivement trouvé ça à la médiathèque Parmentier, comme d'hab ! Ah, si Parmentier n'avait pas existé, on serait bien malheureux : pas de patates et pas de dvd rarissimes... Le dvd en question est décrit à l'adresse suivante : http://www.cinema16.org
A mon avis JLG voyait aussi surtout les gens comme lui au Luxembourg !! A part ça pas trop de loubards dans le quartier ? l'atmosphère s'est-elle un peu détendue ?

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