Sale temps sur Buhug River : vent et pluie, baisse des températures car le soleil est masqué.
Après ces journées de désherbage, nous pouvons enfin nous attaquer à récolter quelques parcelles : carottes et choux à transporter dans de grands sacs de riz en plastique bourrés à craquer. Les enfants paraissent dix fois plus forts que chacun de nous.
Après-midi plus venteux que pluvieux mais en attendant une franche accalmie chacun vaque à ses occupations. L'ennui commence à pointer le bout de son nez. On se lance même dans un puzzle Around the World Heritage with Mickey - thématique internationale omniprésente !
Puis Chinbaa prend les commandes pour la préparation de notre contribution au dîner commun avec les enfants : hot-dogs ! Eux auront élaboré une soupe et du pain. Ici les repas sont souvent expédiés, l'échange est sympathique mais trop bref. Garçons et filles se mélangent toujours peu, et les volontaires ne sont pas épargnés par les noms d'oiseaux qui fusent de ces visages railleurs. Plus exactement le teasing est essentiellement à base de norol (chien) et de titchini salmatchek (stupide singe). Parfois une caresse dans le dos, un geste doux vient vous surprendre : ces mômes là se gardent bien de montrer trop ouvertement qu'ils sont capables de tendresse.
Après le dîner, la discussion sur les activités du dimanche après-midi est dominée par les initiatives « occidentales » : on est super relou ou motivés ou extravertis ou frais malgré l'heure tardive et la fièvre ou quoi ?
L'ambiance est à l'ouverture d'esprit, mais sans angélisme : nous ne manquons pas de noter les différences culturelles entre occident et extrême-orient. Ce voyage en Asie est aussi l'occasion de prendre la mesure du rayonnement culturel de la Corée sur ses voisins. Insoupçonnée chez nous, assomés que nous sommes de discours sur l'hégémonisme américain et l'exception culturelle française, l'exportation de produits culturels coréens est très présente en Mongolie et au Japon (et dans toute l'Asie semble-t-il) : chansons pop de fades girls- et boys-band, séries tv à la sauce drama, films à l'eau de rose forment un ensemble de références partagées par ces jeunes asiatiques qui permet par exemple de surmonter le vieil antagonisme nippo-coréen. Bon, Shakira et ses Waka waka ont quand même la cote, faut pas exagérer.
Et puisqu'il est question de frères ennemis... les Mongols ne portent pas encore la Chine dans leur coeur, à l'instar de Chinbaa, jeune homme de 21 ans, qui, sans pouvoir expliquer pourquoi, avoue ne pas supporter entendre parler chinois, lui qui a étudié en Inde, voyagé dans tout l'Himalaya et fréquenté pendant tout l'été des volontaires internationaux.
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