Le petit garçon a le crâne rasé et une seule mèche longue dans la nuque. Tcharar en coupe un morceau qu'il dépose dans un tissu bleu, qui sert à présenter cadeaux et offrandes, avec un billet. Avant le départ, le père de l'enfant nous invite à boire pour nous réchauffer… le chemin sera sinueux dans cette large vallée d’Argent ! difficile de refuser l'arkhi qu'un hôte vous offre.
Cette vallée est embrumée par la bruine ; les pierres et rochers qui surgissent forment un paysage fantomatique propice au mystère de légendes ancestrales. Un premier tombeau du VIIe siècle, alignement de pierres sur deux rangées et plusieurs dizaines de mètres. Puis un deuxième tombeau :
Cette tombe est très ancienne, elle daterait de l’âge du bronze. La population de cette région est de l’ethnie uuld dont l’origine vient de l’ouest de la Mongolie. Ils ont nomadisé jusqu’à cet endroit vers le XVIe siècle. La seconde reine Anujin du royaume de Mongolie de l’Ouest a participé avec ses soldats à la guerre contre les Mandchous. Mais son général en chef l’a trahie et ils ont perdus la guerre. Le roi de Mandchourie a alors cédé à la reine l’endroit où se trouve aujourd’hui Ulziit pour elle et son peuple. Mais les soldats étaient fatigués et appauvris. Il a alors été décidé de fouiller ce tombeau à la recherche de richesses. En fouillant ils ont trouvé beaucoup d’objets anciens et les ont donné au peuple. Grâce à cela la population a pu s’acheter du bétail, des yourtes, de quoi vivre. A partir de ce moment-là les Uuld ont commencé à rendre un culte à la montagne Olzod qui se trouve donc juste derrière cette tombe.D'après Ciel mongol.
Un cavalier, puis une autre apparition : nos hôtes de la veille et du matin à moto, Boldsukh au guidon, sa fille sur les genoux, Orhoo à l’arrière avec un sac à dos sur le dos et un sac à dos sur les genoux.
La pluie tombe en silence dans ce paysage fantastique. Pas un murmure, pas un bruissement de vent.
Puis l'ombre d'un deuxième cavalier qui met pied à terre pour une pause sous la pluie, une cigarette et une bonne histoire de Tcharar. L'homme au visage noir et sillonné de rides. Nous repartons, bras dessus bras dessous, et arrivons trempés chez Dada après avoir traversé à gué une rivière. Nous saluons nos nouveaux hôtes qui se font discrets et nous laissent avec les jeunes Boldsukh et Orhoo qui sont restés après avoir déposé nos sacs. On goûte à l’aïrag, bien meilleur (moins fermenté ?) qu’à Karakorum.
Le soir le fils Norwoo se présente en anglais. Il a 20 ans, magnifique dans son deel avec son chapeau clair et son teint mat. On entame une partie de cartes mais le dîner de buzz arrive. Tcharar nous confectionne des casse-tête avec os et osselets de mouton + ficelle.
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