06 septembre 2010

Chez Davaa et Maral


Brouillard sur les sommets qui se dégage petit à petit. Nous partons à midi et remontons la rivière. Deux pierres érigées en direction d’un bosquet de saules et d’un trou dans la rive, des pierres plus petites autour qui semblent indiquer l’orientation. L’esprit du printemps est célébré ici (sacre du printemps ?). La température commence à remonter. La petite vallée commence à s’encaisser avec un paysage de plus en plus montagnard : résineux sur les sommets, cabanes en bois.

Nous longeons la rivière jusqu’à ce qu’elle soit recouverte de pierres et pique-niquons là.

Retour baguenaudant avec Tcharar qui fait le torero avec les vaches pour des photos rigolotes. De l’autre côté de la rivière, au sommet d’une petite falaise : un troupeau de yaks de toutes les couleurs.



Sur notre rive, on retrouve le jeune chameau de deux ans aperçu à l’aller, puis arrivée à l’aïl : deux yourtes (une blanche, une grise) et trois cabanes en bois au toit de terre.

Une dame à l'aspect bon vivant nous accueille avec un grand sourire amusée lorsque nous lançons notre « Sain Bainuu », et avec du thé au lait, pain et sucre. À plus de 40 ans et six enfants, elle a un visage très large qu’on reconnaît bien chez ses filles. Le soleil commence à faire des apparitions. Nous jouons aux osselets avec Tcharar, puis Norwoo et Lkhagva arrivent avec nos sacs. Nouvelle version du jeu d’osselets avec Norwoo : on jette les osselets, on récupère les moutons (Khorin) et les chevaux (Mör). Chaque chameau restant (Time) doit être détruit avec les osselets ramassés. L’adversaire récupère les chameaux défaits, les osselets qui ont servi à les défaire et les chèvres (Yama), et ainsi de suite.
Dîner avec la maîtresse de maison. À la nuit tombée, ses filles (28, 17, 4 ans et le bébé de 8 mois de la première) viennent nous rendre visite, l’occasion d’échanger des mots en français et en mongol, à la lumière d'une bougie et des lampes de poche. La petite est mignonne comme tout à répéter les mots français pour les apprendre et les mots mongols pour les enseigner. Nuit glaciale, à peine si l’on n’entend pas les loups dans ce lieu sorti du Petit Poucet ou d’un conte de Grimm (ogre et forêt compris).

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